La scène :
De retour à Lille, Seb. fait quelques achats de Noël ce samedi. En partant, je fais quelques courses au Carrefour du coin avec ma môman. Alors que celle-ci attend patiemment son tour derrière une dame accompagnée de ses 2 enfants, je tue le temps à l'autre bout de la caisse, dans la galerie marchande.
La dame précédant ma môman, tend un papier à la caissière, elle n'a en fait fait toute la file que pour demander si elle avait le droit d'utiliser son bon d'achat (si vous aviez su, vous auriez du aller en Caisse Centrale cela aurait été plus rapide...). Et c'est là que se qui va se passer va profondément m'agacer...
- Ehh... Les bons d'achats Noël des Déshérités, "ils" ont le droit de les utiliser ici, crie-t-elle à la caisse d'à côté (notez au passage le "ils" qui n'a fait qu'aggraver mon état d'agacement face à cette histoire)
- Oui mais uniquement l'alimentaire...
La pauvre dame rougit et devient instantanément gênée. Ma môman derrière elle également.
- Dis maman, c'est quoi un Déshérité ? demande alors un des petits garçons
- Euh... Je ne sais pas non plus mon chou... Dites, s'adressant à la caissière, si je veux leur acheter un pull ou autre je ne peux pas alors ?
- Non, voyons, vous ne savez pas lire, il est bien marqué Alimentaire !! (Soupir)
Et la dame s'efface toute penaude avec ses enfants en s'excusant d'avoir osé poser la question en s'excusant auprès de ma môman de lui avoir fait perdre du temps (m'enfin pourquoi ?? Elle a le droit...), presqu'en s'excusant d'exister en fait...
Et cette caissière... Grrr.... Elle était vraiment obligée de crier ? De faire connaître à tout le monde la provenance du bon d'achat ? Si elle n'avait rien dit, personne ne l'aurait su, en cette saison les bons émanants de CE et autres chèques-cadeaux sont légion.
Merde quoi !! Pourquoi avoir refusé à cette Dame ce à quoi elle avait droit : un peu de dignité ou tout simplement d'humanité.....
Et en même temps, que faire ? Offrir de l'argent à cette femme ?
Ca pourrait être un affront encore pire... Ma mère et moi sortons du magasin complètement choqués emplis d'un sentiment d'impuissance très désagréable. Sans même un "au revoir" pour la caissière qui, elle, ne s'est rendue compte de rien et reste persuadée d'avoir "remis les choses à leur place".... Quel pays de con parfois.....